Suite à mes précédents messages concernant l’IA et la génération d’images (voir ici et ), je vais poursuivre sur ma lancée et vous parler d’un « nouveau » portail qui détecte les images générées artificiellement, histoire de garder un peu de véracité picturale par les temps actuels.

Quand l’intelligence artificielle traque… l’intelligence artificielle

logo C2PA bleu©FranceTelevision

Il y a une certaine ironie à constater que les principaux acteurs de l’IA se sont unis pour déterminer si une image a été conçue par l’humain ou par une machine.

Cette initiative porte un nom : le C2PA (Coalition for Content Provenance and Authenticity).

Lancé en 2021, ce protocole rassemble des géants technologiques comme Microsoft, Intel ou Adobe, mais aussi des médias de renom tels que The New York Times ou la BBC.

Son objectif ? Identifier l’origine des contenus visuels (images ou vidéos) et préciser s’ils ont été générés artificiellement, et par quel outil.

Une signature numérique, comme une carte d’identité

Imaginez une sorte de passeport numérique attaché à chaque fichier dès sa création.

Si une photo est capturée par un appareil compatible (comme les derniers modèles de Leica ou Sony), elle reçoit un certificat d’authenticité.
En revanche, si elle est produite par l’IA d’Adobe ou d’OpenAI, elle est automatiquement estampillée comme issue d’un algorithme.

L’atout majeur de cette norme réside dans son interopérabilité : puisque les principaux acteurs du secteur l’adoptent, il devient possible de détecter si une image ou une vidéo provient de l’IA d’un concurrent, même si elle ne porte pas le tatouage SynthID de Google.

Comment vérifier l’authenticité d’une image ?

Rien de plus simple : il suffit de se rendre sur le site Content Credentials et d’y déposer le fichier.

En un clic, l’historique s’affiche, révélant si le visuel est original ou généré par IA.

Mieux encore, la plateforme indique quel outil a été utilisé : OpenAI, Google, ou autre.

liseuse-photo originale

Exemple concret : voici une photo originale de ma liseuse, support de mes précédents articles.

J’ai ensuite demandé à une IA de créer une version alternative, tout aussi appétissante.

liseuse-2

Résultat ?

L’analyse de Content Credentials a immédiatement repéré la provenance de la seconde image.

Capture d’écran 2026-01-30 à 20.34.06 copie

Une limite persistante : la capture d’écran

Le protocole C2PA présente toutefois une faille : il ne peut pas identifier une image si elle est soumise sous forme de capture d’écran.

La signature numérique, intégrée au fichier original, ne survit pas à cette manipulation (cf ci-dessous).

Capture d’écran 2026-01-30 à 20.57.46 copie

Screenshot

Capture d’écran 2026-01-30 à 20.59.14 copie

Analyse du screenshot par Content Credentials

Un défi à relever pour les développeurs, mais l’intention reste louable : lutter contre la désinformation.

Les grands médias l’ont bien compris. France Télévisions, par exemple, a adopté cette norme pour authentifier ses contenus et a même reçu un prix pour cette initiative.

Le portail de C2PA : https://c2pa.org/
Source : Presse Citron